Chapitre 5 · Capsule 33/50
Se faire voir et communiquer à moto
Par La Rédaction · Mis à jour le · 4 min de lecture

« Je ne l'avais pas vu. » C'est la phrase la plus fréquente des automobilistes impliqués dans un accident avec une moto, et elle est souvent sincère. Une moto est étroite, rapide, et le cerveau d'un conducteur cherche des voitures. Tout ce qui te rend visible et prévisible compte.
Pourquoi on ne te voit pas
- Une moto occupe un tiers de la largeur d'une voiture : elle se confond avec le décor, se cache derrière un rétroviseur ou un montant de pare-brise.
- Sa vitesse d'approche est mal évaluée : un point lumineux étroit semble lointain et lent, et la voiture qui tourne à gauche s'engage.
- Elle disparaît dans les angles morts et elle change vite de position dans la voie.
- Les conducteurs ne cherchent pas les motos : le regard glisse dessus sans la voir (c'est documenté).
La conséquence : tu dois supposer que tu n'es pas vu, et faire en sorte de l'être.
Être visible : placement et équipement
- Placement : dans le tiers gauche de ta voie, tu apparais dans le rétroviseur intérieur de la voiture devant et dans le champ de vision de celle qui arrive en face. Derrière un véhicule, tu te décales pour être vu de celui qui précède.
- Feux de croisement allumés en permanence, obligatoires et efficaces : c'est ton phare qui te distingue de loin.
- Équipement clair ou contrasté, bandes réfléchissantes, casque clair avec ses quatre réfléchissants, gilet haute visibilité de nuit ou par temps gris : un motard en noir sur fond gris n'existe pas pour un automobiliste.
- Position dans le trafic : jamais dans l'angle mort d'une voiture, jamais collé derrière un camion ; tu te rends visible avant l'intersection, en te décalant.
- Cherche le regard du conducteur qui attend à une intersection ou qui veut tourner à gauche : s'il ne te regarde pas, il ne te voit pas.
Communiquer : annoncer ce que tu vas faire
Être vu ne suffit pas : il faut être prévisible.
- Clignotants : avant tout changement de direction ou de voie, assez tôt pour prévenir, et annulés après (une moto les coupe rarement seule). Un clignotant oublié envoie un message faux.
- Appel de feux stop : avant de ralentir, un ou deux effleurements du frein allument le feu stop et préviennent celui qui suit, surtout s'il est proche ou si tu vas utiliser le frein moteur.
- Feux de détresse (si la moto en a) : en cas de ralentissement brutal sur autoroute (bouchon), de panne ou de danger.
- Appel de phare : pour signaler ta présence avant un dépassement, dans un virage sans visibilité de nuit. Pas pour « forcer » le passage.
- Avertisseur sonore : seulement en cas de danger immédiat ; en agglomération il est interdit hors danger. Un coup bref avant de dépasser un cycliste distrait hors agglomération est admis.
- Le pied : à un stop ou dans une file, poser un pied au sol dit clairement « je suis arrêté ». La main peut remercier ou indiquer un danger aux motards qui suivent.
Rouler en groupe
À plusieurs motos, la visibilité collective augmente mais la conduite en groupe a ses règles :
- Formation en quinconce (décalée) sur route et autoroute : chacun a sa distance de sécurité avec celui qui est directement devant lui dans la même position, et une vision dégagée. En file indienne dans les virages et sur route étroite.
- Pas de dépassement en groupe : chacun dépasse pour son compte, quand les conditions le permettent.
- Le plus expérimenté ferme la marche, le rythme est celui du moins expérimenté, et personne ne « suit » sans regarder : chacun conduit sa moto.
- Un groupe ne force pas le passage à un feu ou un giratoire pour rester ensemble : on se retrouve plus loin.
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